haut-le-corps


haut-le-corps

haut-le-corps [ 'ol(ə)kɔr ] n. m. inv.
• 1560; de haut, le et corps
1Techn. Bond, saut brusque d'un cheval.
2(Personnes) Cour. Mouvement brusque et involontaire du buste vers le haut marquant une vive surprise, l'indignation ou la révolte. soubresaut, sursaut, tressaillement. Avoir, réprimer un haut-le-corps.

haut-le-corps
n. m. inv. Brusque mouvement, réflexe du haut du corps marquant l'indignation, la surprise, la répulsion.

⇒HAUT-LE-CORPS, subst. masc. inv.
A. — ÉQUIT., MAN. Bond instinctif, saut brusque et imprévu d'un cheval qui se cabre. Ce cheval fait des haut-le-corps (Ac. 1835-1935). Avec mes jumelles je distinguais (...) le mouvement pressé des jambes et les haut-le-corps des chevaux (AMIEL, Journal, 1866, p. 216).
B. — [En parlant de l'homme] Brusque redressement instinctif du haut du corps, raidissement involontaire provoqué par un sentiment vif ou une émotion (surprise, colère, indignation, vif intérêt). Synon. sursaut, soubresaut, tressaillement. Avoir, faire, réprimer un haut-le-corps; haut-le-corps de dégoût, d'ennui, d'étonnement, d'impatience, d'indignation, de révolte; brusque, léger, vif, violent haut-le-corps. Les manières un peu rustres de Christophe donnaient parfois un haut-le-corps à Élie Elsberger (ROLLAND, J.-Chr., Maison, 1909, p. 966). Si deux pierres s'entre-choquaient, je ne pouvais retenir un stupide haut-le-corps d'inquiétude (VERCEL, Cap. Conan, 1934, p. 199) :
— Vous, Monsieur, que feriez-vous si l'on vous accusait, par calomnie, de préparer des vaccins empoisonnés, ou des sérums toxiques, ou je ne sais quoi? M. Rohner eut un haut-le-corps et répondit d'une voix glacée :
— On ne dira rien de tel, soyez-en sûr.
DUHAMEL, Combat ombres, 1939, p. 209.
Rem. 1. ,,L'emploi du mot devient moins fréquent`` (DUPRÉ 1972). 2. On relève un emploi au sens de « brusque mouvement volontaire du corps » : Mon oncle (...) avala sa soupe sans lever la tête; mais à la dernière cuillerée, ayant fait un haut-le-corps pour reprendre haleine, il remarqua ma mine piteuse (FABRE, J. Savignac, 1863, p. 172). 3. La forme vieillie haut-de-corps est rare : Je n'oublierai jamais (...) le haut-de-corps désespéré avec lequel, l'armoire ouverte, elle a jeté sur ses bras deux draps (...) pour ensevelir son cher enfant (GONCOURT, Journal, 1874, p. 976).
C. — Rare, fam. Convulsion très forte de l'estomac, brusque envie de vomir. Synon. usuel haut-le-cœur. Le malaise arrivant, l'estomac se convulse, Puis avec des hoquets, des haut-le-corps, expulse L'indigeste fardeau du mets nauséabond (POMMIER, Crâneries, 1842, p. 98). Brusquement le cœur lui tourna, elle se sentit pâlir (...) puis un violent haut-le-corps la jeta vers son lavabo, et, s'agrippant d'une main à la cuvette, de l'autre se soutenant le front, elle vomit (MONTHERL., J. filles, 1936, p. 1045).
Prononc. et Orth. : [] init. asp. Rarement sans trait d'union. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. 1560 « brusque mouvement qui soulève le corps » (J. GRÉVIN, Les Esbahis, acte V, scène II ds Anc. Théâtre fr., éd. Viollet le Duc, t. 4, p. 327); en partic. 1740 « mouvement de quelqu'un qui éprouve de l'indignation ou de la colère » (Ac.). Composé de haut1, de l'art. déf. le et de corps. Fréq. abs. littér. : 53.

haut-le-corps ['olkɔʀ] n. m. invar.
ÉTYM. 1560; de haut, le, et corps.
1 Techn. (manège). Bond, saut brusque (d'un cheval).
1 Je voulus fouetter les chevaux; mais elles craignaient pour moi les ruades et pour elles les haut-le-corps. J'eus recours à un autre expédient.
Rousseau, les Confessions, IV.
Cour. (En parlant de l'homme). Mouvement brusque qui soulève la partie supérieure du corps. Soubresaut.
2 Elle était ridicule et faisait des haut-le-corps qui nous faisaient éclater de rire.
Mme de Sévigné, 77, in Littré.
2.1 Extrêmement animé des bonds, des haut-le-corps, des grincements, des contorsions que la douleur m'arrache, les examinant, les saisissant avec délices, il vient en exprimer, sur ma bouche qu'il baise avec ardeur, les sensations dont il est agité (…)
Sade, Justine…, t. I, p. 182.
2 (1740). Mouvement brusque et involontaire marquant une vive surprise, l'indignation ou la révolte. Frisson, sursaut, tressaillement. || Avoir, faire un haut-le-corps.
3 La présidente fit un haut-le-corps si cruellement significatif que Fraisier fut forcé d'ouvrir et de fermer rapidement une parenthèse dans son discours.
Balzac, le Cousin Pons, Pl., t. VI, p. 700.
4 (…) à s'entendre appeler par son prénom, il eut un haut-le-corps et répondit prudemment : « Qu'est-ce que c'est ? »
G. Duhamel, Salavin, III, I.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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